Revue de Presse 2003

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La revue de Presse 2003

Voici une série d'articles sur le thème de la dialyse, de la greffe ou de l'insuffisance rénale, qui sont parus dans la presse généraliste ou spécialisée. J'en ajouterai au fil de mes trouvailles, n'hésitez pas à prévenir si vous souhaitez que l'un d'entre eux figure sur cette page.

Merci cependant de noter que certains journaux ou magazines ne permettent pas que leur contenu soit reproduit, ou encore demandent un paiement pour accorder ce droit...

Voir également :

L'actualité de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche dans le monde en 2003 :

Didier Houssin quitte l'Etablissement français des greffes

9 janvier 2003, Le Quotidien du Médecin

Le Pr Didier Houssin quitte la direction de l'Etablissement français des greffes et fait un bilan positif de l'action menée pendant près de neuf ans.

Nommé en octobre 1994 à la tête de l'Etablissement français des greffes (EFG), qui vient d'être créé, le Pr Didier Houssin a décidé de quitter ses fonctions. Un communiqué de l'EFG fait le bilan de ces années « consacrées au redressement, puis au développement, de l'activité de prélèvement et de greffe en France ».

Lorsque ce spécialiste des greffes hépatiques chez l'enfant, qui a été vice-président de France-Transplant, arrive à la direction de l'EFG, à l'initiative des ministres de l'époque (Simone Veil et Philippe Douste-Blazy), la greffe traverse une période de crise (affaire du sang contaminé, affaire d'Amiens, inscription en liste d'attente d'un nombre élevé de patients non résidents, trafics de priorité). Sa mission est donc d'abord de « rétablir un climat de confiance, notamment au sein des établissements de santé ».
Cela passe par l'élaboration, puis l'application de règles précises pour la gestion des listes d'attente, le recueil du consentement, le prélèvement et la répartition des greffons, sans oublier l'évaluation rigoureuse des résultats des greffes et la comparaison des délais d'attente par équipe de greffe.
Dans une deuxième phase, ses efforts se concentrent sur l'accroissement du nombre de cornées et d'organes susceptibles d'être proposés aux malades. Et ils sont couronnés de succès, puisque l'accès aux greffons cornéens s'est amélioré et que le nombre de prélèvements d'organes a augmenté de 30 % environ. Ce qui a permis d'atteindre cette année l'objectif visé de 20 prélèvements par million d'habitants.
Dans son bilan, le Pr Houssin retient plusieurs éléments positifs : la reconnaissance du prélèvement comme une activité médicale à part entière capable de mobiliser non seulement les CHU, mais aussi les centres hospitaliers ; le rôle essentiel des personnels qui se consacrent à l'accueil des familles et à la coordination des prélèvements ; la prise de conscience que le développement d'une méthode thérapeutique telle que la greffe, fondée sur la recherche et le progrès technique, doit aller de pair avec la prise en compte de toutes ses dimensions éthiques, sociales et humaines.

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L'hypertension essentielle pourrait résulter d'un déficit congénital en néphrons

8 janvier 2003, Le Quotidien du Médecin

Un nombre réduit de néphrons à la naissance pourrait-il conduire à l'HTA ? Cette hypothèse, émise il y a quelques années, est soutenue par une étude cas-témoin conduite chez vingt sujets décédés d'un accident. Comparés aux reins de témoins normotendus, ceux des hypertendus comptaient deux fois moins de glomérules, mais d'un volume plus grand. L'absence de signes de perte de glomérules suggère une origine congénitale au déficit en néphrons.

De notre correspondante à New York

Dans 90 à 95 % des cas d'hypertension artérielle, le bilan étiologique reste négatif. Cette HTA dite essentielle, ou idiopathique, est de cause certainement multiple. Toutefois, plusieurs observations impliquent le rein dans sa genèse.

Il a été proposé qu'un faible nombre de néphrons à la naissance pourrait accroître le risque de survenue d'une hypertension et d'une néphropathie progressive. Le nombre réduit de néphrons entraînerait une surcharge de travail pour chacun d'eux. Cette hyperfiltration glomérulaire endommagerait à la longue le rein avec, pour conséquence, une hypertension. Cette hypothèse est étayée depuis quelques années par des données expérimentales, mais les données chez l'homme restent pour la plupart indirectes.
Une équipe allemande a approfondi cette hypothèse dans une étude cas-témoin. Keller et coll. ont comparé les reins de deux groupes de personnes autopsiées après un décès accidentel : un groupe de dix patients hypertendus (neuf hommes, une femme) et un groupe de dix témoins normotendus, appariés aux patients hypertendus en fonction de l'âge, du sexe, de la taille et du poids.

Le nombre et le volume des glomérules
Une telle étude est simple mais techniquement difficile : les investigateurs ont évalué le nombre et le volume des glomérules grâce à une approche tridimensionnelle. Ils ont aussi examiné l'histologie des glomérules. Enfin, puisqu'il est connu que leur nombre décline rapidement passé la soixantaine, tous les sujets de l'étude avaient moins de 60 ans.
Sur la base des données obtenues au cours des cent dernières années, il est généralement estimé que le nombre de glomérules, ou de néphrons, se situe autour de un million par rein.
Keller et coll. ont découvert que les reins des patients hypertendus présentaient significativement moins de glomérules, 702 000 en moyenne, que ceux des témoins appariés, 1 429 000, soit la moitié du nombre normal. Les patients hypertendus présentaient aussi des glomérules d'un volume supérieur, ce qui suggère qu'ils fonctionnent davantage en cas d'hypertension, pour compenser leur faible nombre.
Enfin, les investigateurs n'ont trouvé que très peu de glomérules sénescents ou oblitérés chez les hypertendus. Ce qui suggère qu'ils n'ont probablement pas perdu leurs glomérules au fil du temps, mais qu'ils avaient un faible nombre de néphrons dès la naissance.

Un déterminant des anomalies cardio-vasculaires
Plusieurs données étayent « le concept selon lequel le nombre de néphrons, déterminé pendant le développement fœtal, est un déterminant important des anomalies cardio-16vasculaires durant la vie adulte », notent les investigateurs. « Les données présentées, obtenues à l'autopsie de patients de race blanche atteints d'hypertension essentielle, fournissent une évidence supplémentaire à l'appui de ce concept », concluent-ils.
« La microanatomie rénale présage-t-elle un destin cardio-rénal ? », interroge, dans un commentaire, le Dr Julie Ingelfinger. « Les données de l'étude de Keller et coll. forcent à réagir, mais elles ne sont pas définitives », répond-elle. Elle souligne, en effet, le faible nombre de patients étudiés et la difficulté à prouver l'origine congénitale de la réduction du nombre glomérules.
Quels causes pourraient réduire le nombre de néphrons à la naissance ? Outre des facteurs génétiques et des expositions toxiques durant la vie intra-utérine, des influences plus subtiles, comme l'alimentation, pourraient aussi jouer un rôle, explique-t-elle. « Une masse de données expérimentales et cliniques suggère que des altérations de l'alimentation intra-utérine, en particulier une insuffisance protéique, pourraient programmer le fœtus pour une susceptibilité tardive à l'hypertension, une maladie cardio-vasculaire et un AVC. De plus, des modèles expérimentaux montrent directement que des agressions relativement mineures, comme une restriction protéique, peuvent entraîner une réduction du nombre de néphrons », note-t-elle.
« Les origines de l'hypertension sont multiples », conclut-elle. « Mais le concept d'une réduction de néphrons à la naissance est utile car il montre du doigt au moins une action préventive possible : une meilleure nutrition des femmes enceintes. Une stratégie qui pourrait diminuer la fréquence de l'hypertension chez les enfants susceptibles durant leur vie adulte. »

Dr Véronique NGUYEN

« New England Journal of Medicine », 9 janvier 2003, pp. 99 et 101.

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Télévision : Clones et clowns

8 janvier 2003, Le Monde

Aldous huxley avait déjà pressenti l'essentiel en 1932 dans Le Meilleur des mondes.La possibilité de créer des êtres humains sans passer par la méthode ancestrale, ses techniques rudimentaires et ses plaisirs éprouvés, va changer radicalement la société et même l'humanité tout court. Huxley, qui était pessimiste, peut-être parce qu'il écrivait en pleine montée du fascisme en Europe, voyait un monde futur peuplé d'esclaves biologiques produits en série et travaillant au service d'une sorte de race de surhommes. On peut tout aussi bien envisager un avenir moins sombre. Le débat animé par Arlette Chabot lundi soir sur France 2 n'a malheureusement pas permis de dissiper cette terreur panique qui saisit beaucoup de gens dès lors qu'est évoquée cette mutation prévisible de l'espèce humaine. "Mots croisés" reste une excellente émission, mais la confusion règne et les esprits ne sont probablement pas encore prêts à accueillir sereinement ce bouleversement imminent, voire, si les raéliens ne bluffent pas, déjà intervenu.
On résume ces échanges passionnants mais confus pour ceux qui avaient zappé, voire, les bienheureux, pour ceux qui dormaient déjà. Il était tard, en effet, quand, après les horreurs du Prestige,ses galettes baladeuses et visqueuses, on en est venu à l'autre grande affaire de ces dernières semaines : la naissance, annoncée en Floride par la secte des raéliens, mais toujours pas confirmée, du premier clone humain.

Bernard Kouchner et René Frydman défendent la position franco-allemande telle qu'elle a été exposée, sans grand succès, à l'ONU : non au clonage reproductif (la naissance de bébés nés du clonage d'un être humain), oui au clonage thérapeutique (la fabrication de tissus susceptibles par exemple de régénérer le foie ou la moelle épinière). L'ennui, c'est que les Etats-Unis, le Vatican et quelques autres entités ont choisi, devant l'ONU, de tout refuser, le thérapeutique comme le reproductif, tuant dans l'œuf, si l'on ose dire, toute législation internationale dans ce domaine. On est donc en plein vide juridique, ce dont profitent les raéliens, secte cosmique et comique, dirigée par un Auvergnat allumé qui a monté sa cabane et sa boutique entre Canada et Floride. Je sais, elle est facile, mais il faut conclure. Chez Chabot, lundi soir, il ne fallait pas confondre les clones et les clowns.

Dominique Dhombres

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La naissance du bébé cloné n'est pas confirmée scientifiquement

7 janvier 2003, Le Quotidien du Médecin

La société raélienne Clonaid, qui a affirmé avoir mis au monde le premier clone humain, a décidé de repousser les tests ADN destinés à prouver la réalité de cette annonce. Les parents du prétendu bébé, la présidente de Clonaid, Brigitte Boisselier, ainsi que le gourou Raël font l'objet d'une plainte civile aux Etats-Unis.
L'information n'en est pour l'instant qu'au stade de la rumeur : la présidente de la société Clonaid, Brigitte Boisselier, a affirmé qu'un deuxième bébé cloné naîtra ces jours-ci en Europe. Le premier bébé clone de l'histoire, appelé Eve, serait, selon elle, venu au monde à la fin du mois de décembre mais les prélèvements d'ADN qui devaient avoir lieu pour prouver que ce bébé est bien un clone ont été repoussés.

« Il n'est pas encore certain qu'ils aient lieu », a-t-elle dit en se retranchant derrière le refus probable des parents qui craignent des poursuites judiciaires. Les parents d'Eve, ainsi que Brigitte Boisselier et Raël, gourou de la secte des raéliens fondatrice de la société Clonaid, sont en effet convoqués pour une audience préliminaire le 22 janvier devant la justice de l'Etat de Floride.

Cobaye humain
Bernard Siegel, l'avocat à l'origine de la plainte civile, a demandé que la garde du supposé bébé cloné soit retiré aux parents, au motif que l'enfant est exploité, fait l'objet de mauvais traitements et qu'il pourrait souffrir de troubles génétiques graves. Dans sa plainte, il affirme que le bébé est un « cobaye humain », objet d'une « dangereuse expérience médicale ». Il réclame à la justice qu'elle ordonne une expertise médicale pour déterminer son état de santé.
« Nos établissements en Corée du Sud ont été investis par la police avec beaucoup de fracas, la FDA (l'Agence fédérale pour la sécurité alimentaire et pharmaceutique américaine) est entrée dans certains de nos locaux à Las Vegas, a indiqué Brigitte Boisselier. Une demande a été déposée en Floride, je crois, pour que l'enfant soit retirée à la mère, donc ça fait beaucoup d'accumulations pour les parents qui sont rentrés chez eux et qui veulent juste avoir la paix et vivre bien avec leurs enfants ». Si rien n'est moins sûr aujourd'hui qu'il existe un bébé cloné, la société Clonaid a pris toutefois un avantage médiatique certain devant son concurrent italien, le Dr Severino Antinori, qui avait annoncé la naissance, pour début janvier, d'un bébé par clonage.

Unanime dans la condamnation du clonage reproductif, la communauté internationale a toutefois une part de responsabilité dans cette histoire en restant divisée sur l'opportunité d'une convention internationale interdisant le clonage humain à des fins reproductives. Le blocage découle de l'opposition entre les partisans d'une interdiction immédiate du clonage en tant que méthode de reproduction à ceux qui, comme les Etats-Unis, veulent que soient interdites toutes les pratiques du clonage humain y compris celle à but thérapeutique. A la mi-décembre, le président Jacques Chirac a appelé les Nations unies à interdire « au plus vite » le clonage humain reproductif. Quant au ministre de la Santé, il a également proposé de créer, dans le cadre de la révision de la loi bioéthique, un « crime contre la dignité de la personne humaine » pour sanctionner le clonage à but reproductif.


Stéphanie HASENDAHL

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Le gouvernement israélien est sur le point d'autoriser la rémunération des donneurs vivants

5 janvier 2003, d'après le Jerusalem Post

Le ministère de la santé israélien prépare un texte autorisant l'attribution d'une compensation financière pour toute personne qui donnerait un de ses reins pour une greffe. Si le texte est voté lors du prochain Knesset, ce sera la première loi de ce type au monde.

Bien que le montant de cette "indemnité" n'ait pas encore été déterminé, elle ne serait pas considéré comme un paiement, mais comme une compensation allouée au donneur pour les inconvénients subis (douleur, temps, convalescence, etc.).
La conseillère juridique Mira Huebner affirme que le texte précisera en outre que toute vente d'organe sera considérée comme un acte criminel, en dehors de ce cadre bien précis… A l'heure actuelle, en Israël, toute personne peut faire le don d'un rein en vue de greffe, à condition que la preuve soit faite que ce geste est purement gratuit et ne donne lieu à aucun à côté financier.

Israël connaît une pénurie très forte en terme de dons d'organes, particulièrement en ce qui concerne le rein.
C'est la raison pour laquelle le ministre de la santé a décidé de prendre cette mesure. Il évoque également les diverses rumeurs qui circulent au sujet de commerce illicite d'organes, et affirme que la nouvelle loi donnera beaucoup plus de transparence au processus de greffe.

La procédure sera strictement supervisée, les donneurs potentiels devront "postuler" auprès d'Israël Transplant, un organisme officiel. Leur candidature sera ensuite examinée par un médecin, un psychologue et une assistante sociale. Leur indemnité (non imposable) sera réglée par la compagnie d'assurance du receveur, et leur sera versée par l'intermédiaire d'Israël Transplant.

Le ministre affirme malgré tout qu'il continue à préférer les greffes d'organes cadavériques. Mais seulement 24000 israëliens ont accepté d'être des donneurs d'organes potentiels, tandis que près de 1000 personnes sont en attente d'un rein.

D'un point de vue religieux, Mira Huebner déclare que les orthodoxes et les haredim (ultra-orthodoxes) approuvent l'idée d'une compensation financière pour le don d'un rein "de son vivant", mais refusent toujours de reconnaître la notion de mort clinique et d'arrêt des fonctions cérébrales. Ils s'opposent donc aux prélèvements d'organes sur des cadavres.

Jusqu'à très récemment, la plupart des médecins, des universitaires et des politiques israéliens s'opposaient à l'idée d'une quelconque rémunération des donneurs d'organes. Mais les choses ont peu à peu évolué. Le coût du traitement de l'insuffisance rénale par dialyse augmente exponentiellement, tandis que cette solution n'offre aux patient qu'une faible espérance de vie, comparée à la greffe.

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USA : Une petite fille reçoit le rein d'un inconnu grâce à une petite annonce...

5 janvier 2003, Agence de presse U.S. National

Angela Rushford, cinq ans, et son donneur David Harper étaient dans un état jugé satisfaisant à l'issue de la greffe, qui s'est déroulée le vendredi 4 janvier à l'hôpital de Madison. Ils y demeureront une dizaine de jours.
"Je dois beaucoup à David Harper" déclarait Tony Rushford, le père d'Angela, juste après l'opération. "lorsque j'étais enfant, mon héros était Spiderman. Maintenant c'est David Harpe".
Angela était en insuffisance rénale terminale. Harper, 38 ans, a répondu à une petite annonce passée par sa mère dans un journal local. L'annonce offrait de l'argent contre un rein, mais Harper a tenu à ce que son geste reste bénévole.

(…)

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Clonages thérapeutique et reproductif : similitudes et différences

4 janvier 2003, Agence France Presse

L'annonce fin décembre de la naissance du premier bébé clone par la secte des raéliens, toujours sans preuve, et d'une deuxième pour ce week-end aux Pays-Bas, n'en finissent pas d'agiter le monde scientifique et politique qui s'opposent sur les différents types de clonage, thérapeutique ou reproductif et leurs implications éthiques.

Thérapeutique ou reproductif, la technique de base du clonage est la même au départ. C'est pour cette raison que l'initiative franco-germanique auprès de l'ONU pour interdire mondialement le clonage reproductif a bloqué, sous la pression du Vatican et du gouvernement américain opposés à toute forme de clonage.

Le procédé s'inspire de celui utilisé pour la naissance, en 1996, de la brebis clone Dolly.
Le clonage reproductif humain repose sur l'utilisation d'un ovule (ovocyte) non fécondé de femme et une cellule non sexuelle d'un donneur adulte, homme ou femme, candidat au clonage.
Le noyau contenant le programme génétique (chromosomes) de l'ovule est retiré pour y transférer à la place celui de la cellule adulte.
Le clone en puissance a le même sexe que le donneur adulte dont il partage le patrimoine génétique. Pour arriver à terme, il est placé dans l'utérus d'une femme.

Toute la difficulté est de reprogrammer le nouveau noyau de l'ovule pour qu'il reparte à zéro et enclenche la formation d'un embryon. En effet, il provient d'une cellule spécialisée adulte, par exemple une cellule de peau qui ne sait plus faire autre chose que de la peau.

Le succès de l'opération est tout à fait aléatoire. Les scientifiques ont régulièrement averti des dangers menaçant les clones sur la base des expériences animales: anomalies cardiaque, pulmonaire, du système immunitaire, du foie, obésité, morts fréquentes avant ou juste après la naissance, cancers, vieillissement prématuré et arthrite dont souffre Dolly...
"Même ceux qui ont l'air normal à la naissance développent souvent des problèmes par la suite", rappelle Jon Hill, spécialiste américain du clonage bovin.

Pour expliquer ces mortalités et difformités, les scientifiques avancent des "erreurs" dans le processus de reprogrammation génétique qu'ils sont encore loin de bien maîtriser.

Avec le clonage thérapeutique, l'idée n'est pas de faire naître un bébé en prenant des risques énormes, soulignent ses partisans, mais uniquement d'obtenir, au tout début du développement de l'"oeuf", des cellules souches embryonnaires, capables de se transformer en toutes sortes de cellules (peau, rein, foie, poumons...).

Ces cellules souches, dotées du patrimoine génétique d'un malade et mises en culture pour fabriquer des quantités quasi illimitées de tissus ou cellules, pourraient par exemple servir à des greffes réparatrices, sans problème de rejet.

De nouveaux traitements contre le cancer, le diabète et des maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives comme les maladies de Parkinson ou d'Alzheimer sont au nombre des espoirs avancés par les scientifiques défenseurs du clonage thérapeutique.

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Débat autour du clonage

2 janvier 2003, synthèse des articles parus dans Le Figaro, Le Monde et Libération

Nombreuses sont les réactions après la naissance, non encore prouvée, du premier bébé clone.Toutes sont unanimes pour considérer qu'il s'agit d'un "crime contre l'humanité" et pour rappeler que la technique du clonage reproductif touche à l'identité propre de l'homme.

Tous ceux qui se sont exprimés sur le sujet dénoncent l'absence de règle internationale pour contrer un tel projet et souhaitent que la communauté internationale se concerte au plus vite pour empêcher de telles initiatives.

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune s'étonne que l'on accuse les Etats-Unis et le Vatican d'avoir empêché l'élaboration de règles internationales contre le clonage et de ce fait d'avoir permis la naissance du premier bébé cloné. Il rappelle que ces 2 états souhaitaient une interdiction totale du clonage tant reproductif que thérapeutique. Position scientifiquement irréprochable rappelle-t-il, puisque tout clonage est reproductif dans la mesure où il commence à produire un embryon. Il faut donc cesser de distinguer les deux et de considérer qu'il existe un "méchant clonage (reproductif) et un gentil clonage (thérapeutique)". La vérité c'est que nous sommes en pleine "dépression éthique" ajoute M. Le Méné et que les seuls arguments invoqués contre le clonage (comme le souci d'une relation de couple indispensable à la constitution de l'identité de l'enfant et l'aspect unique et irremplaçable d'un bébé) ont d'ores et déjà volé en éclat avec les techniques de procréations médicalement assistée et la pratique des diagnostics prénatal et pré implantatoire. Or pour justifier ces dérives, on a invoqué des motifs de "compassion", motif qui viendra aussi certainement à bout de la peur du clonage. Il affirme que "le clonage reproductif est un crime contre l'humanité" et que "le clonage thérapeutique l'est doublement" car "le clonage thérapeutique c'est le clonage reproductif plus la mort" rappelle t-il. Il pousse plus loin le raisonnement en posant la question : "si le clonage reproductif est tellement monstrueux aurait-on préféré disposer d'Eve, très jeune, en pièces détachées ? " Ce serait du clonage thérapeutique. La seule solution, conclut-il est d'interdire en amont tout clonage embryonnaire. Ce qui est condamnable ce n'est donc pas tant la naissance mais ceux qui rendront toujours possible le clonage reproductif parce qu'ils ne veulent pas interdire aussi le clonage thérapeutique.

Le Pr Israël Nisand, professeur de gynécologie obstétrique à Strasbourg rappelle que le clonage reproductif atteint un nouveau degré de gravité par rapport à d'autres évolutions scientifiques déjà très controversées dans la mesure où elle touche à la nature même de l'espèce humaine dont on ne peut se protéger. Il s'interroge sur notre capacité à résister à de tels événements : "nos sociétés auraient-elles perdu la capacité de dire non?" La France doit qualifier le clonage reproductif de crime contre l'humanité. Ne rien dire "serait en quelque sorte une figure politique moderne de la complicité". Renoncer à légiférer parce que les lois seront transgressées constitue en soi une régression, ajoute t-il. Jusqu'alors l'être humain était le résultat vivant du hasard ( bien que limité avec le Diagnostic Prénatal et le Diagnostic Pré Implantatoire) et donc un être unique dans un corps unique.

Corinne Lepage, ancienne ministre et présidente du CAP 21 souligne de son côté que l'une des causes de cette naissance est à rechercher dans la marchandisation de la vie qui s'est traduite notamment par la brevetabilté du vivant. "Dès lors que le vivant végétal et animal est brevetable, l'humain est dans la ligne de mire" dénonce t-elle. Autre cause : la perte de valeur morale et la montée en puissance de la valeur marchande. Ainsi l'Académie de médecine a t-elle cru bon de justifier ses décisions sur les seules considérations économiques alors que les preuves scientifiques étaient encore insuffisantes. "Il faut pouvoir interdire certaines recherches ou expériences contraires aux règles minimales de l'éthique universelle" rappelle t-elle. "La restauration du politique devient une question de vie ou de mort à terme des humains et elle impose que tout ne soit pas permis en matière de recherche et de sciences appliquées" ajoute t-elle.

Robert Redeker, philosophe, constate que les progrès techniques poussent l'humanité à résister à des défis qui mettent en jeu l'essence même de l'homme et nous imposent des choix essentiels. Le clonage, de ce fait nous renvoie à l'exercice de notre liberté et à notre propre perception de l'humanité. Il va nous falloir exercer notre liberté pour résister à la tentation diabolique de produire des humains désingularisés.

Jean-Michel Truong, romancier explique qu'avec le clonage, le concept du cannibalisme revient sur le devant de la scène puisque désormais il redevient possible de "dépecer son prochain pour s'en repaître, de placer des vies humaines sur une balance afin de déterminer laquelle pèse plus lourd et laquelle plus légère". Il craint ensuite qu'un pas de plus soit franchi et que nous nous dirigions vers la production de chimères mi-chèvre, mi-chou, mi-lard mi-cochon, mi-carpe, mi lapin...

Enfin Geneviève Delaisi Parseval, psychanalyste, rappelle qu'après l'ère de la reproduction non sexuelle nous entrons dans l'ère de la reproduction non sexuée. La dissociation possible entre sexualité et procréation datant de l'ère contraceptive. Dorénavant, il risque d'exister une offre médicale en même temps qu'une demande de la part de parents potentiels pour un tel type de reproduction. Face aux dangers du clonage reproductif, il lui semble important d'éviter tout manichéisme. On ne peut pas juger du désir des parents et de l'accueil réservé à l'enfant. Ce n'est donc pas eux qu'il faut stigmatiser mais les "promoteurs de ces procédés hasardeux" conclu t-elle.

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Témoignage : de la dialyse à la transplantation
 
 
 

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